Jusqu’à cet après-midi, j’étais un vieux con dépassé. Je ne comprenais pas l’intérêt de Twitter. Je n’arrivais pas à saisir l’apport si extraordinaire de la chose. Qu’une pensée instantanée d’humain puisse être à la seconde diffusée à une bande de « followers » (suiveurs en français, mais il parait qu’on préfère dire « abonnés » maintenant) ne m’émerveillait pas plus que ça. Je trouvais même que c’était l’occasion de « parler » avant de réfléchir vraiment. C’est un peu le principe : les accros ne pensent plus qu’à tweeter. Le comportement devient souvent obsessionnel. On tient en permanence des « followers » en alerte à la moindre nouvelle pensée. Vive l’instantanéité, la spontanéité, et à bas le temps de la réflexion…
« Followers »… J’ai toujours été d’accord avec Nietzsche sur cette citation : « Il m’est odieux de suivre autant que de guider ». Il me semble que Twitter n’aurait pas plu à Nietzsche…
Autant j’ai perçu rapidement l’intérêt du courriel, des forums et des blogs, autant j’ai du mal a saisir l’intérêt de Facebook et Twitter. Mais je dois être vraiment con, parce que même en essayant de comprendre, de me faire expliquer et réexpliquer, je ne vois toujours pas. Des outils nouveaux apparaissent. Mais pourquoi utiliser ceux qui n’apportent aucun service digne de ce nom ? Juste pour faire comme tout le monde ?
Enfin, ça c’était avant…
J’ai eu l’illumination pour Twitter : Twitter est un outil qui permet de déraper. Et c’est amusant les dérapages. L’exemple de la compagne de notre Président nous montre à quel point cela crée de la distraction. C’était l’information de la journée, reprise à l’envi. La gêne des dirigeants, le silence du compagnon-Président… Ma première réaction a été de ne pas croire au dérapage. Ce serait vraiment trop nul, pensais-je. Alors de la stratégie ? Mais je n’arrive pas à voir ce que cela pourrait apporter de feindre un tel dérapage. Ou alors, c’est du point en 4 bandes au billard ! Toujours est-il que ça m’a fait rire d’imaginer le tête-à-tête dans la salle-à-manger de l’Elysée ce soir.
Allez, je me mets dans les rangs : Twitter c’est trop top !
Enfin, quand je dis que je me mets dans les rangs, c’est pour l’opinion sur ce média, pas pour la pratique. De là à m’inscrire, je crois que je vais prendre le temps de réfléchir encore un peu…
Pour Facebook, toujours rien… Pas d’illumination…
Bonjour
Comme nous avons au moins deux points commun ( âge et ….;-) , je me permets de te faire une remarque :
Ne confond tu pas l’outil et l’usage de cet outil ?
Tu as raison. Ce qui me choque c’est l’usage de l’outil. J’avais bien noté, quand même, qu’il pouvait servir à faire des révolutions (le Printemps arabe, bien sûr), mais l’usage qui en est fait autour de moi me consterne… Pourquoi utiliser un glaive pour couper du beurre ?
Puisque nous sommes dans « juste pour rire », j’en profite pour m’expliquer sur l’image que j’ai choisie (j’aurais pu écrire : pourquoi utiliser une Ferrari pour rouler au pas ?). C’est parce qu’un collègue de notre âge, alors que nous dissertions sur notre jeunesse et l’usure du temps, à eu ce magnifique mot d’humour : « Nous étions des glaives… nous sommes devenus des couteaux à beurre ! »